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mercredi 22 juillet 2009

Grand emprunt : l’exécutif ampute ses chances faute d’ "esprit de projet"


Malgré la nouvelle maturité très officiellement acquise par le Président de la République durant sa première moitié de quinquennat, le plaisir de faire un « coup » politique et médiatique semble l’avoir emporté sur le souci d’efficacité et de pédagogie.
Avec pour l’heure ce résultat : un mois et demi après le scrutin européen, et s’agissant de la perception de sa politique économique par l’opinion, Nicolas Sarkozy met sa majorité dans une situation rappelant celle du PS lors de ce scrutin !

Pressentie par certains très tôt dans la campagne pour les européennes, largement constatée après le vote du 7 juin, l’absence de ce que j’appelle l’esprit de projet avait entravé l’adhésion de nos concitoyens au programme porté par les listes socialistes.
L’esprit de projet, c’est-à-dire la capacité à définir clairement un cap, un horizon, donnant sens, cohérence, profondeur et force d’entraînement à un ensemble hiérarchisé de propositions.
Ou, pour prendre une autre image, la capacité à choisir un levier et un point d’appui bien définis (en termes de priorités pour réformer l’espace économique et social dans lequel s’inscrit notre vécu quotidien) ; donc à faire basculer l’action politique dans une direction clairement identifiée, vers laquelle nos concitoyens puissent avoir envie d’aller collectivement en s’associant aux arbitrages qu’elle implique.

Une composante de l’action politique d’autant plus indispensable que, dans la période de crise que nous connaissons, l’érosion de leur pouvoir d’achat contraint nombre de nos concitoyens à d’incessants – quelquefois douloureux - arbitrages dans la gestion de leur budget. Pour orienter leurs dépenses dans telle ou telle direction - bien souvent, dans telle direction plutôt que telle autre. Autrement dit, pour beaucoup de Français aujourd'hui, c'est l'existence de priorités bien précises qui dicte la décision de faire une dépense.

À tel point que, d’après une étude rendue publique mercredi 8 juillet, plus d’un Français sur deux (52 %) a renoncé à partir en vacances cet été. Les autres ont souvent préféré raccourcir leur séjour et rester sur le territoire national pour préserver leur pouvoir d’achat.

Un chiffre qui ne surprend pas quand on pense aux victimes d’un chômage à nouveau galopant, aux salariés et dirigeants de PME qu’il menace, ou encore aux nombreux jeunes ne parvenant pas à trouver leur place sur un marché de l’emploi où ils arrivent au « mauvais moment ». Et quand on sait que 3,47 millions de ménages français (sur un total de 26 millions) vivent aujourd'hui sous le seuil de pauvreté.
Dans le Val-de-Marne, par exemple, près de 67 000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté (c’est-à-dire avec moins de 903 € par mois). Particulièrement frappées, les personnes isolées (28 000), et les familles monoparentales (17 800 Val-de-marnais). Inutile de dire que, pour ceux de nos concitoyens qui sont dans cette situation, la question est tout simplement de subvenir aux besoins élémentaires (se nourrir pour commencer). Et donc l'arbitrage plus contraint encore par des priorités déjà identifiées - car durement vécues.


Or, comment le « grand emprunt » a-t-il été annoncé ?
Le principe, le 22 juin dernier, devant le parlement réuni en Congrès à Versailles. Lors de la séance historique (et coûteuse : près d’1 million d’euros) qu’il avait souhaitée pour esquisser à très (très) grands traits les contours de sa seconde moitié de quinquennat, le Président de la République a annoncé le lancement d’un « grand emprunt national » consacré « aux priorités nationales » et aux « secteurs stratégiques »… précisant que le montant et les modalités de cet emprunt seraient « arrêtés une fois que nous aurons fixé ensemble les priorités ».
Le travail pour définir les priorités, lui, aura d’abord pris la forme d’un « coup » politique et médiatique. À savoir la nomination, à la tête d’une « commission de réflexion sur les priorités de l’emprunt national », d’Alain Juppé et Michel Rocard - dont la poignée de main sur le perron de l’Elysée a été mise en scène avec soin. De la qualité des deux personnalités sollicitées, on peut se réjouir - peut-être même attendre un réel bénéfice. De leur complémentarité comme représentants de deux traditions politiques, aussi.

Le revers de la médaille, c’est justement leur notoriété. C'est-à-dire leur association, dans l’esprit des Français, à des fonctions exécutives (comme anciens premiers ministres). Cela donne l’impression que le lancement du « grand emprunt » est plus avancé que ce n’est le cas en réalité (son lancement effectif est prévu pour début 2010).

Une impression fâcheusement télescopée par trois réalités :
  • le flou actuel sur la nature des « priorités » et des « secteurs stratégiques » (chacun pouvant dès lors y mettre... beaucoup de choses !) ;
  • une action simultanée du gouvernement qui écorne la crédibilité du « grand emprunt » en contredisant sa philosophie (quand ni l’éducation, ni la santé, ni la recherche, ni encore le recrutement des gardiens de la paix ne sont épargnés par les coupes claires pratiquées par le gouvernement au nom de la RGPP, quelles « priorités » et quels « secteurs stratégiques » échapperaient à ce passage à la moulinette ?) ;
  • les conclusions alarmantes du rapport de la Cour des comptes préalable au débat d’orientation budgétaire du 30 juin : le déficit structurel de la France a atteint un niveau tel (3,5% du PIB en 2008) qu’une très faible augmentation de déficit supplémentaire pourrait suffire à provoquer une sorte d’emballement exponentiel de la dette, celle-ci finissant par s’autoalimenter par ce que les économistes appellent un « effet boule de neige ».

Résumons. La perception qu’on a du « grand emprunt » aujourd’hui, c’est : un creusement supplémentaire du déficit qui a déjà l’air quasiment effectif ; en même temps, un flou total sur la direction dans laquelle les ressources ainsi dégagées seraient investies ; une philosophie en contradiction avec la politique que le gouvernement continue à appliquer ; en toile de fond, une situation et une évolution des finances publiques françaises devenues dangereuses.
Bref, une démarche en contradiction avec les réalités économiques et leurs exigences telles qu’on les perçoit au quotidien (par exemple quand on doit, comme 52% des Français, renoncer à partir en vacances pour assurer, entre autres, son budget pour la rentrée scolaire, le paiement de son loyer ou de ses traites, la garde de ses enfants, etc.).


Coïncidence ? D’après une étude publiée mardi 7 juillet, ce sont 55% des Français qui désapprouvent l’initiative prise par l'exécutif de lancer un « grand emprunt ».

À l’évidence, si pour construire l'avenir il veut sérieusement engager une grande politique nationale basée sur des « investissements d’avenir », le gouvernement ne peut pas se priver de l’adhésion d’une grosse moitié des Français.

Or pour cela, un véritable esprit de projet s'impose. Il aurait donc fallu, avant les effets d’annonce et de mise en scène spectaculaires :
  • définir clairement le projet de société vers lequel l’exécutif nous propose de tendre collectivement (“travailler plus pour gagner plus” semble peiner à en tenir lieu, et la « politique de civilisation » a été portée disparue avant même qu’on ait pu se faire la moindre idée de son contenu) ;
  • définir clairement les « priorités » et « secteurs stratégiques » dans lesquels il s'agit d'investir pour cela (quitte à assumer les erreurs commises depuis 2007).

Ne pas l’avoir fait justifiait – entre autres motifs - la motion de censure déposée mercredi 8 juillet par le Parti socialiste à l’Assemblée nationale. Mais, pour reprendre les aimables propos adressés - en forme d’appréciation de fin de session parlementaire - au PS par François Fillon ce jour-là, ne soyons pas « manichéistes » en déniant au gouvernement toute capacité d’ « autocritique ». Et gageons que pour l’exécutif non plus, il n’est pas trop tard pour mieux faire !

Quoi qu'il en soit, ayant failli faire partie des « 52% » de nos concitoyens qui ne partent pas en vacances cet été, et faisant partie des « 55% » de Français pour qui la cohérence de la politique économique et sociale du gouvernement reste une énigme, j’en témoigne : leur point commun n’est pas l’absence de goût pour l’avenir ! Plutôt la perplexité devant un exécutif qui semble vouloir marcher vers celui-ci à cloche-pied - c'est-à-dire en ignorant la sensibilité et le vécu de la moitié des Français au moins.

vendredi 3 juillet 2009

Biodiversité : du global au local, enjeu majeur d'une "politique du pouvoir-vivre"


Coïncidence lourde de sens… En allant travailler lundi dernier (en métro, comme d'hab !) je suis « tombé » dans la presse gratuite sur un article de Courrier international intitulé « Le Pantanal en danger ». Le Pantanal, dans le sud-ouest du Brésil, c’est la plus grande plaine inondée de la planète, caractérisée par une biodiversité exceptionnelle (263 espèces de poissons répertoriées, 122 de mammifères, 93 de reptiles, 656 d’oiseaux, 1132 de papillons). Or l’équilibre de cet extraordinaire écosystème est menacé par l’exploitation minière, qui assèche les rivières de la région, et par la production de charbon de bois pour l’industrie sidérurgique, pour laquelle on brûle la végétation originelle. Une étude à paraître montrerait que 40% de la forêt de cette région auraient déjà disparu.

Le même jour (le 29 juin), le conseil municipal du Plessis-Trévise (au nord-est de notre département) se réunissait en séance publique avec un seul point à l’ordre du jour : un projet de la municipalité de Noisy-le-Grand (Seine Saint-Denis) et du Conseil régional d’Ile-de-France, qui souhaitent acquérir le bois Saint-Martin « afin de l’ouvrir au public et d’assurer son entretien dans une réelle logique de préservation de la faune et de la flore qu’il abrite » (source : site de la ville de Noisy-le-Grand).
Massif forestier de 283 hectares (avec le bois de Célie et le Parc de la Malnoue il forme un des massifs boisés les plus importants de la petite couronne), le bois Saint-Martin se situe au sud-est de Noisy-le-Grand, et se trouve également en bordure du Plessis-Trévise (5 hectares) et de Villiers-sur-Marne. Il comporte la plus grande prairie d’Ile-de-France, et présente une biodiversité exceptionnelle.
On y trouve des plantes rares (294 espèces végétales y ont été observées, dont 8 « espèces déterminantes » et 1 espèce protégée à l’échelon régional), et une faune particulièrement riche (outre une population importante de chevreuils et des sangliers, la vieille chênaie accueille plusieurs espèces d’oiseaux et d’insectes absents des forêts artificialisées, et les nombreuses mares des espèces remarquables comme la grenouille des bois, et quatre espèces de tritons dont le « triton marbré » et le « triton crêté »). Cela vaut au bois Saint-Martin d’être non seulement inconstructible, mais aussi protégé par un arrêté de protection du biotope (arrêté préfectoral de biotope n° 2006-3713 du 29 septembre 2006). Et avait valu à la précédente enquête publique en vue d’une ouverture partielle au public de cet espace, en 2004, d’échouer.

Au cœur du débat dans lequel s’inscrit la séance en question, cette question : comment mettre en valeur la biodiversité dont cet espace est riche, tout en la préservant ? Sur les arguments exprimés et les propositions possibles, de même que sur les suites de cette affaire, j’aurai l’occasion de revenir (deux enquêtes publiques sont d’ailleurs en cours, depuis le 17 juin et jusqu’au 17 juillet). Ce que je retiens de la séance publique, à laquelle je me trouvais, c’est ceci : au niveau local autant qu’au niveau global, la biodiversité est aujourd’hui vivement ressentie par nos concitoyens comme un enjeu crucial, les intéressant directement. Bien public par essence, la biodiversité est aujourd’hui pleinement ressentie comme telle.
Quelles conséquences en tirer, sur le plan de l’action politique? Cette question est au cœur de la réflexion, à laquelle je me consacre depuis maintenant un certain temps, sur une « politique du pouvoir-vivre ».
Concrétiser une telle politique, c’est notamment penser et mettre en œuvre une véritable « gouvernance du vivant ». Dans un ouvrage remarquable, Jean-Christophe Graz définit cette gouvernance comme la mise en œuvre par une société donnée des moyens « d’entretenir sa relation avec la vie, et plus spécifiquement la santé des êtres vivants qui [la] composent et leur lien avec la nature », de sorte qu’elle intègre « les déterminations physiques, biologiques, chimiques et écologiques dans un ensemble de valeurs socialement et historiquement construites ».
Or, force est de constater que, comparé au changement climatique qui polarise les attentions, l’enjeu que constitue la préservation de la diversité biologique reste encore quelque peu dans l’ombre, alors même qu’est en cause la gestion d’un « capital naturel » dont les sociétés humaines sont dépendantes pour leur survie à long terme. Aujourd’hui par exemple, seuls une soixantaine de pays ont une législation réglementant la bioprospection. Ouvrir à nos concitoyens l’espace nécessaire pour prendre toute leur part dans le débat public en la matière serait, à n’en pas douter, un excellent moyen de « stimuler » les acteurs politiques officiels. C’est aussi une condition de base pour avoir une chance de voir naître « un ensemble de valeurs socialement et historiquement construites ».

En la matière, au niveau local, la pratique peine encore à suivre les intentions – si louables fussent-elles - et les intuitions. Ainsi, réunir en séance publique le conseil municipal n’était pas, de la part du maire du Plessis-Trévise, une mauvaise idée. Seul problème : faute de locaux suffisamment spacieux pour les accueillir, la plupart des citoyens ayant fait le déplacement en étaient réduits à attraper au vol, depuis la terrasse de l’hôtel de ville, quelques bribes des propos échangés. À leur vif – et compréhensible – mécontentement !
Laisser derrière nous ce genre de situations, donner corps à une authentique « gouvernance du vivant », c’est un des enjeux d’une « politique du pouvoir-vivre ». Comment y parvenir? D’abord, en mettant en œuvre une politique républicaine de l’environnement. L’esprit d’une telle politique est bien défini par Juliette Grange dans un ouvrage récent. « Républicaniser » le bien commun que constitue l’environnement, c’est « considérer comme bien premier un certain nombre d’éléments sans lesquels la liberté individuelle et collective n’est rien et qui garantissent les conditions d’une vie réellement humaine » ; c’est « constituer en « biens publics » les « conditions du maintien de la vie future de l’humanité » et les défendre politiquement à ce titre.
Une politique républicaine de l’environnement, fondée sur le principe d’une cohabitation raisonnée, respectueuse et constructive, en synchronie comme sur le long terme, cela passe (commence ?) par une place suffisante et « opérationnelle » faite aux citoyens dans les lieux où s’opère la genèse de cette politique !

De retour du Plessis-Trévise, j'ai eu envie de lancer à nos élus locaux, pour relever ce défi, cet appel en forme de triple "mot d’ordre": écoute, exigence, imagination !

mardi 30 juin 2009

Val-de-Marne : TPE et PME, des acteurs clé du territoire à ne pas « laisser tomber » face à la crise


Cela devait finir par arriver, les PME et les TPE (très petites entreprises) val-de-marnaises ne sont pas épargnées par la crise
. Certes, notre département a un temps bénéficié d’une sorte de répit (comparé à Paris ou aux Hauts-de-Seine). D’une part, les difficultés économiques se sont d’abord réparties et « diluées » dans le tissu économique val-de-marnais, très diversifié (voir mon post du mercredi 1er avril Val-de-Marne : les « forces vives » en première ligne face à la crise). D’autre part, les TPE et PME val-de-marnaises satisfont des besoins essentiellement locaux, ce qui a retardé d’autant l’impact du ralentissement de l’économie mondiale.
Mais la situation se tend bel et bien. Quelques chiffres : +9% de défaillances d’entreprises par rapport à juin 2008 (au total, 363 défaillances enregistrées depuis cette date) ; recours au chômage partiel multiplié par 8 ; nombre de demandeurs d’emploi en hausse de 18,8%.
Concrètement, depuis plusieurs semaines, les carnets de commande des entreprises diminuent, et les demandes de délais de paiement augmentent (il y en a eu 3 fois plus au premier trimestre 2009 qu’au premier trimestre 2008).

Or, les TPE et les PME constituent pour notre département et pour sa vitalité des acteurs stratégiques, qu’on ne saurait « laisser tomber ». Naturellement, pour des raisons de solidarité évidentes.
Mais aussi en raison de la structure du tissu économique val-de-marnais : les Très petites entreprises et les PME représentent… 98% de celui-ci !
En outre, ces entreprises recèlent un potentiel d’innovation précieux. À Saint-Maur par exemple, Alain Custey (carrossier, présent mercredi dernier à Saint-Mandé lors de la soirée d’échange de cartes de visite organisé par la CGPME 94) s’est mis à réparer les véhicules trop accidentés que l’on envoie d’habitude directement à la casse après un sinistre.
À cela s’ajoutent les défis liés à l’intégration du Val-de-Marne dans le futur « Grand Paris » / « Paris Métropole ». Des défis qui exigent une transformation de notre département déjà engagée sur de nombreux plans (offre immobilière, transports, environnement sur le lieu de travail…) évoqués lors de la réunion publique qui s’est tenue jeudi dernier à l’Agence de développement du Val-de-Marne à Ivry-sur-Seine, devant un public essentiellement composé de cadres, de dirigeants et de créateurs d’entreprises. J’aurai l’occasion d’y revenir dans les mois qui viennent.



Dans ce contexte, « ne pas laisser tomber » les TPE et les PME, qu’est-ce que ça veut dire, concrètement?

Porter conseil ou secours aux entreprises en difficulté. Au niveau du département, la Chambre de commerce et d’industrie du Val-de-Marne (CCIP) a mis en place depuis novembre dernier un plan d’urgence pour les PME (qui peuvent obtenir aide et conseil pour faire face à leurs difficultés en appelant le 0820.012.112), et un dispositif appelé « Tiers de confiance de la médiation » permet aux sociétés privées de concours bancaires d’accéder au crédit. Des dispositifs auxquels 89 entreprises ont eu recours depuis octobre 2008 (surtout des très petites entreprises dans le secteur du commerce de détail et des cafés-hôtels-restaurants).

Répondre aux besoins d’accompagnement des porteurs de projet val-de-marnais et favoriser l’initiative. C’est par exemple le but du « Forum de l’entreprenariat », dont la 11e édition s’est tenue le 11 juin dernier à Créteil (à l’initiative du Conseil général, de la CCIP du Val-de-Marne, de la Chambre des métiers et de l’artisanat du Val-de-Marne, et de l’Université Paris XII). Parmi les questions traitées : entreprendre dans l’économie sociale et solidaire ; les aides et accompagnements à la création d’une entreprise innovante ; les jeunes et l’entreprenariat ; créer une entreprise artisanale ; la reprise d’entreprise, une autre façon de créer.
Avec une nouveauté : le lancement de l’opération « Entreprendre dans les quartiers prioritaires du Val-de-Marne ». Il s’agit de favoriser l’émergence d’une nouvelle dynamique économique dans les quartiers en difficulté, de sensibiliser les jeunes qui y résident à l’entreprenariat tout en démythifiant ses exigences (il n’est pas forcément nécessaire d’avoir beaucoup d’argent ou bac +8 pour créer sa société) ; et de proposer un accompagnement spécifique et gratuit aux personnes souhaitant s’installer dans ces territoires (zone franche urbaine du Bois-l’Abbé - les Mordacs à Champigny, zone de redynamisation urbaine quartier sud - Grand Ensemble à Alfortville…).

Permettre aux entreprises de suivre les transformations du territoire val-de-marnais et d’anticiper sur les potentialités dont elles sont porteuses (développement de puissants pôles d’activité et de vie comme le projet « Ivry confluences », le pôle Orly – Rungis - Seine amont, le projet « Cœur d’Orly »…). C’était l’esprit de la rencontre à laquelle j’ai participé à l’Agence de développement du Val-de-Marne jeudi dernier. Dans cet esprit aussi, le Conseil général va, depuis trois mois, à la rencontre des entreprises val-de-marnaises pour expliquer le projet « Orbival » (voir mon post du mercredi 25 mars Val-de-Marne : « Orbival » expliqué aux entreprises).

On peut penser à d’autres pistes encore, évoquées samedi dernier lors de la « Journée PME-TPE » organisée au siège du PS (rue de Solférino), et à laquelle j’ai participé.
Par exemple : pérenniser le poste de médiateur du crédit et élargir ses moyens de contrôle ; créer temporairement un pôle d’investissement public, en complément du système bancaire privé, pour soutenir les entreprises viables mais fragilisées ; créer (dans les mêmes conditions) un pôle financier public pour assurer un déblocage du crédit aux PME et obliger par cette concurrence les banques privées à reprendre l’initiative ; surveiller les pratiques des assurances crédits et des agences de notation (qui peuvent signer l’ « arrêt de mort » d’une entreprise en quelques semaines sans avoir à rendre de comptes).
Ou encore, encourager la mutualisation de moyens par bassin d’emplois (pour créer des emplois, ou financer des missions de conseil juridique et financier aux PME en difficulté…) ; assouplir les dates de règlement pour les commerçants dont le stock a une faible rotation (ameublement, gros électroménager…) ; favoriser l’emploi des jeunes au travers de l’apprentissage notamment chez les artisans (en s’assurant que les contrats d’embauche sont bien en CDI pour éviter l’ « effet d’aubaine ») ; pour les PME mettant en œuvre une stratégie d’innovation, élargir aux dépenses liées à celle-ci l’assiette du crédit impôt recherche ; encourager le regroupement de PME pour répondre aux appels d’offre de marchés publics (dont elles sont aujourd’hui exclues)…

En résumé : informer, sécuriser, encourager l’initiative, l’innovation et les synergies. Mais aussi se méfier des « mirages », ou des « miracles périlleux », comme le fameux statut d’ « auto-entrepreneur » - qui n'est pas sans dangers sur plusieurs plans et sur lequel j’ai contribué à attirer l’attention lors de notre journée de travail sur les TPE-PME.