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samedi 28 mars 2009

Un week-end ouvert sur l'international...


Hasard du calendrier, ce week-end tout entier (ou presque !) a été placé sous le signe de l'ouverture sur l’international. Autour de deux questions à la fois d’une actualité vive, aux racines profondes d’un point de vue historique, et lourdes d'enjeux pour le proche avenir.


Samedi, j’étais au siège d’Amnesty International (métro... Colonel Fabien !) pour une journée de formation sur les discriminations. Vigoureusement mise en relief ces derniers jours par le débat autour des propositions de M. Yazid Sabeg en matière de statistiques ethniques, cette notion recouvre des réalités multiples - plus encore quand on l'envisage à l'échelle mondiale, dans des contextes socio-culturels divers. Ce qui fait la complexité du travail nécessaire pour faire reculer les discriminations.
C'est d'ailleurs un des points soulignés jeudi dernier par Louis Schweitzer (président de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité) et la députée PS George Pau-Langevin, lors d'une émission organisée par France Culture en partenariat avec le Nouvel Observateur.
Pour découvrir le contenu de leurs échanges, voir le blog de Mme Pau-Langevin à l'adresse suivante: http://www.georgepau-langevin.com/article-29534039.html
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Aujourd’hui, c’est à Saint-Denis que ma journée a commencé. Il y était question du Proche-Orient. Dans la continuité de la crise de Gaza et de l’atelier-débat auquel je m’étais rendu dimanche dernier à Fontenay-sous-Bois (voir mon post du 22 mars), j’assistais à la 2e Conférence internationale sur le Droit au retour.
Organisée par l’AJPF (Association pour les jumelages entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises), cette conférence s’articulait en deux journées de débats et d'interventions.
Hier, il avait été question de la notion de “droit au retour” des réfugiés palestiniens (signification historique de cette notion, évolutions depuis les accords d’Oslo, perspectives stratégiques des rapports israélo-palestiniens...).
Les interventions d’aujourd’hui portaient, elles, sur la question du jumelage de villes françaises avec des camps de réfugiés palestiniens, ainsi que sur les actions en cours et les pistes de travail en commun. À ce titre sont intervenus plusieurs élus franciliens (parlementaires ou maires, notamment Michel Fourcade, maire PS de Pierrefitte) d'ores et déjà engagés dans des initiatives de diverses natures.
Outre madame Hind Khoury (déléguée générale de l'Autorité palestinienne en France), d'autres intervenants, représentant des ONG européennes, ont aidé à mettre en perspective ces actions en les replaçant dans le contexte (y compris juridique) international. J'aurai l'occasion de revenir sur les enseignements de ces échanges, et de ceux auxquels j'ai assisté la semaine dernière au foyer Matteraz à Fontenay.


De quoi, en tout cas, continuer à nourrir la réflexion sur deux sujets qui nécessitent de le faire sur la durée, en saisissant les occasions de qualité qui s'offrent à nous de croiser les points de vue. L'action passe inévitablement par là...

samedi 14 mars 2009

Diversité : Patrick Weil refuse de participer au "Comité pour la mesure et l'évaluation des discriminations et de la diversité" nommé par Yazid Sabeg

Source : "Hexagone", le blog de Catherine Coroller, journaliste à Libération.
http://immigration.blogs.liberation.fr


Ci-dessous, la lettre qu'il a envoyée à Yazid Sabeg:

Monsieur le Commissaire,

J'ai bien reçu votre invitation à participer à un «comité pour la mesure et l'évaluation des discriminations et de la diversité» et vous en remercie.

J'ai toujours pensé que pour un chercheur, accepter de faire partie d'un comité, d'une commission nommée par le pouvoir politique, c'était faire de la politique. En faire avec la formation et l'information du scientifique, mais en faire tout de même puisqu'il s'agit de faire des propositions politiques ce qui implique, non pas un accord complet, mais un minimum d'accord avec le cadre général de la politique suivie dans le domaine de la mission ou de la commission.

Or dans des domaines qui sont particulièrement de ma compétence, ceux de l'immigration et de la nationalité, qui ne sont pas étrangers à la mission de votre commissariat, le gouvernement qui a vous a nommé mène une politique discrètement et objectivement discriminatoire, à un niveau jamais atteint depuis la Seconde Guerre mondiale, sous l'impulsion d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, inédit dans notre histoire politique.

Je ne me vois pas travailler aux outils de la lutte contre la discrimination dans le cadre d'une commission nommée par vous, pendant que les naturalisations et l'accès à la nationalité par mariage, le regroupement des conjoints de Français, pour ne citer que quelques exemples, continueront de s'effectuer de façons de plus en plus discrétionnaire et discriminatoire.

Je ne saisis pas non plus très bien l'objectif de cette commission et il m'inquiète même pour le moins. S'agit-il mettre en oeuvre une politique de lutte contre les discriminations en raison de l'origine réelle ou supposée? Si c'est le cas, les instruments existent, ils ont été rappelés clairement par la commission présidée par Madame Simone Veil dont j'approuve l'excellent rapport.

Au mois de juin dernier Patrick Simon et moi-même rappelions que dans le cadre constitutionnel existant, une meilleure connaissance des nationalités et lieux de naissance des ascendants, croisée avec des données socioprofessionnelles permettraient dans les statistiques publiques et au niveau des grandes entreprises privées de mieux approcher les phénomènes discriminatoires et d'ainsi mieux les combattre.

De façon ponctuelle, pour permettre notamment de relier les informations recueillies à partir de ces données objectives à la perception ou la réalité des discriminations, sur échantillon anonyme et sous le contrôle de la CNIL, des enquêtes conduites par la statistique publique pourraient contenir des questions faisant référence à la religion, aux origines ou à la couleur de la peau.

Mesurer la diversité dans la société française est un objectif différent, qui ne me paraît ni prioritaire ni de même de la compétence légitime des pouvoirs publics, contraire en réalité à l'article 1 de notre Constitution.

Pour toutes ces raisons, je ne peux accepter votre proposition.


Je vous prie d'agréer, Monsieur le Commissaire, l'expression de mes sentiments les meilleurs.


Patrick WeilCitation