samedi 20 mars 2010

Régionales - 2e tour : faisons vivre nos droits, faisons peser nos voix !


Fin d’une semaine chargée, qui ne m’a guère laissé le temps de commenter les résultats du premier tour des élections régionales. De retour de Nantes, où je participais le week-end dernier au Congrès d’Amnesty International France (comme délégué du groupe de Vincennes, Fontenay-sous-Bois et Saint-Mandé), j’ai partagé dimanche soir avec mes amis de la section de Vincennes la satisfaction de voir nos concitoyens placer, dans notre ville, les forces de gauche à un très bon niveau. Sur les enseignements à tirer du scrutin, je reviendrai dans les prochains jours, profitant de l’éclairage complémentaire du vote de dimanche.

J’avoue ne pas avoir suivi de près les discussions quelquefois animées qui ont, en tout début de semaine, suivi le premier tour. Certaines rencontres marquantes faites à Nantes, par exemple avec le président d’Amnesty international en Côte d’Ivoire, Alain Drouho, ou encore - via internet - avec l’avocate et défenseur des droits vietnamienne Lê Thi Cong Nhân, actuellement en résidence surveillée, m’avaient rendu momentanément peu réceptif à cet aspect de la campagne...
Ce que je sais, c’est que ces discussions ont permis d’aboutir à une liste commune rassemblant en Ile-de-France l’ensemble de la gauche autour d’une commune volonté d’agir pour les Franciliens. Et que c’est unis, à la fois divers et solidaires, que nous avons poursuivi notre dialogue avec les Vincennois. Notamment avenue de Paris (mercredi soir), dans Vincennes avec Cécile Duflot puis à la sortie du RER de Vincennes jeudi, place Diderot puis rue de Strasbourg ce matin, ou encore rue du Midi il y a quelques heures (en présence notamment de Pierre Serne, candidat "Europe Ecologie" sur notre liste dans le Val-de-Marne).

Comme je l’avais annoncé à l’approche de la campagne, j’ai consacré exclusivement à Vincennes le temps qui m’était donné pour faire cette campagne. À la veille du second tour, je veux simplement dire merci à celles et ceux avec qui nous l’avons menée, au côté de notre candidate socialiste vincennoise Claire Lemeunier, et avec qui elle nous a donné l’occasion d’échanger. Et aussi encourager nos concitoyens, quelles que soient leur sensibilité politique et leurs réserves éventuelles, à aller voter demain pour faire vivre nos droits et donner à ce scrutin sa pleine signification.

Logiquement, je conclurai tout de même en mettant en avant quatre raisons d'être, demain, le plus nombreux possible à voter pour la gauche rassemblée :
- l’engagement à constituer pour les Franciliens un “bouclier social” contre les effets destructeurs de la politique du gouvernement auquel appartient madame Pécresse ;
- les pistes et les moyens contenus dans le programme de la gauche pour garantir aux Franciliens un quotidien à la fois dynamique et solidaire, réellement compatible avec un développement durable ;
- une plus grande disposition à intégrer toutes les générations (... y compris les jeunes !) dans la vie et l’espace public de notre région ;
- le rassemblement actif de la gauche et la volonté d’une proximité jour après jour avec nos concitoyens - démontrée en actes, à Vincennes, par une gauche incomparablement plus présente que l’UMP-Nouveau Centre.

Merci à tou(te)s, et bon vote !


jeudi 11 mars 2010

Régionales: à Vincennes, le PS aborde le 1er tour avec force et générosité !


Retour sur la réunion publique organisée par la section de Vincennes hier soir, dans le préau de l’école Vernaudon. Il y a quelques mois, j'exprimais le sentiment que déjà “les socialistes, galvanisés, se mettaient en ordre de bataille” pour la campagne des régionales (voir mon post du samedi 14 novembre dernier). Cette dynamique s’est exprimée, avec force et générosité, dans la très belle soirée à laquelle a donné lieu cette réunion publique !

Belle humainement, car l’esprit qui s’en dégageait du début (... et même avant !) à la fin (... et même après !) était prometteur.
Belle politiquement, aussi, y compris en termes d’ “ouverture”. D’autres familles politiques étaient représentées et surtout, j’ai pu le constater avec celles et ceux avec qui nous avons accueilli les participants tout au long de la soirée, plus qu’aux européennes des hommes et des femmes “non encartés” se sont joints à nous pour l’occasion.

Au total, ce sont plus de 160 personnes qui ont écouté puis interrogé les intervenants (Manuel Valls, député-maire d’Evry, Michèle Sabban, conseillère régionale sortante et tête de liste PS dans le Val-de-Marne, et Claire Lemeunier, notre secrétaire de section, par ailleurs candidate sur la liste PS dans le Val-de-Marne et animatrice de la soirée). Étaient aussi présents la plupart des candidats socialistes dans le Val-de-Marne, en particulier, venues "en voisines", mes camarades Sandra Provini (de Saint-Mandé) et Tiffany Ermenault (de Fontenay-sous-Bois). Une rencontre chaleureuse et galvanisante... au point de donner à quelques-un(e)s l'envie d'enchaîner avec une séance de collage d’affiches !
D’interventions en échanges avec la salle, presque tous les volets du projet socialiste pour l’Ile-de-France ont été évoqués. Et leur cohérence, avec le bilan de l’équipe sortante - gage de crédibilité - comme avec les besoins de nos concitoyens - gage d’efficacité -, a été soulignée. Avec une prédilection, du côté de Manuel Valls, pour le développement économique et les PME, et du côté de Michèle Sabban, pour les questions liées à la jeunesse.

Manuel Valls a notamment souligné l’urgence, et la responsabilité qui est la nôtre - à la tête de la région et comme acteurs politiques -, de renouer les liens avec les jeunes, dans une dynamique républicaine. Je ne partage pas le “diagnostic” qui ferait des jeunes français parmi les plus pessimistes en Europe. En revanche l’exigence d’un tel effort gagne à être affirmée. Compte tenu de la consolidation annoncée de l’assise de la gauche - et singulièrement du PS - dans les régions, il est essentiel de dégager dès maintenant des axes de travail exigents et des priorités d’action pour “l’après-régionales”. Ce travail en direction des jeunes et avec eux, incontestablement, en fait partie.

Une préoccupation qui, dans le projet des socialistes et de leurs partenaires, se traduit par exemple en matière de transports...


Citation Gratuité des transports pour les jeunes en insertion
Le contexte...

La crise a fait exploser le chômage des jeunes, en particulier des jeunes issus des quartiers populaires. Dans les zones urbaines sensibles, le chômage des jeunes hommes s’élevait fin 2008 à 41,9%, contre 36% un an auparavant. Aujourd’hui, plus de 150 000 jeunes sont suivis dans les Missions Locales pour l’Emploi.

Le bilan de la droite...

Pour trouver un emploi, on peut leur proposer un « coach » comme le fait Fadela Amara, partant du principe qu’un jeune est, par nature, incapable de s'insérer dans la société et qu'il doit être "assisté" pour cela.

Notre proposition !
Pour aider les jeunes à construire leur propre projet, nous pensons qu’il faut encourager leur autonomie. Mais pour trouver un travail, il faut d’abord pouvoir se déplacer - et à cet égard le prix des transports est trop souvent un frein.
L’aide accordée aujourd’hui par les missions locales (fournir occasionnellement des tickets de transports) n’est plus adaptée à la complexité du marché de l’emploi. Dans notre région peut-être plus qu’ailleurs, celle-ci impose une grande mobilité.
D'où notre proposition : que tous les jeunes en insertion puissent bénéficier, comme tous les autres qui ne sont pas encore salariés, de la gratuité des transports jusqu'à ce qu'ils aient trouvé un emploi un emploi.
Dans une période décisive comme l'insertion dans le monde du travail, nous considérons que la Région doit être aux côtés des jeunes, et lever les obstacles qui peuvent la rendre encore plus difficile ! CitationCitation

samedi 6 mars 2010

Régionales : déjouer le piège de l'abstention !


La campagne se poursuit. Ce matin, place Diderot (nous devons, la "fraternité" militante m'oblige à le dire, à un concurrent d'orange vêtu cette photo de l'escouade socialiste au complet !). Cet après-midi, rue du Midi.

L'accueil reste bon, mais deux réactions entendues à plusieurs reprises retiennent mon attention. D'une part, pour beaucoup de ceux que nous rencontrons, "les jeux sont faits", "de toute façon la gauche va gagner". D'autre part, faute d'information suffisante sur les attributions du Conseil régional, certains lui reprochent de ne pas agir dans des domaines qui ne sont pas de son ressort... et en tirent la conclusion que, quels qu'ils soient, "les responsables politiques ne tiennent pas leurs promesses".

Deux états d'esprit qui présentent de sérieux inconvénients. Pour peser, pour signifier avec force, l'élection régionale doit mobiliser fortement - dès le 14 mars.

Et pour se mobiliser, les Franciliens doivent être convaincus que les projets en jeu s'adressent à tous, et qu'ils ont un rapport concret avec leur quotidien. Et de réelles chances d'améliorer ce quotidien, comme d'apporter une réponse aux préoccupations qui le marquent.

Or, la "facilité" exceptionnelle du contexte politique nous expose à un piège : celui de négliger ce travail de démonstration, en "surfant" sur le rejet - historiquement fort - de l'actuelle majorité présidentielle. À la clé : une victoire logiquement massive à moindre coût, mais une abstention également massive... qui offrirait à la majorité présidentielle un moyen inespéré de mettre en doute sa signification politique.

Pour éviter ce piège, une solution parmi d'autres peut-être : que dans la dernière ligne droite avant le premier tour et jusqu'au 21 mars, nos candidates et candidats, forts de leur complémentarité, osent laisser de côté la déclinaison "forfaitaire" du projet intégral - inévitablement perçue par beaucoup comme une suite de figures imposées - et parlent simplement aux Franciliens, "en voisins", de ce qu'ils connaissent de première main.

De là, clairement, pourraient venir le supplément de crédibilité, la garantie d'efficacité, l'ancrage concret nécessaires pour une mobilisation conséquente autour de notre projet - qui le mérite !


Pour ma part, outre les échanges qu'il m'est permis d'avoir avec mes voisines et voisins vincennois jour après jour, je continue sur ce blog de faire connaître ce qui, dans notre projet, concerne les jeunes franciliennes et franciliens. Avec aujourd'hui cette proposition :


Vers une mutuelle pour chaque jeune

de moins de 26 ans !


Contexte

Depuis plusieurs années, la droite développe une politique de marchandisation de la santé : déremboursements des médicaments, instauration des franchises médicales, dépassement d’honoraires, suppressions de postes/lits et institution d’une logique de rentabilité à l’AP-HP au détriment de la mission de service publique.
Du coup, pour beaucoup de jeunes, se soigner devient un "luxe"... et un luxe inaccessible : pour la première fois, le Secours Populaire a ouvert cette année des antennes pour les étudiants, dont la situation sociale va en s’aggravant.

Bilan de la droite

• Loi HPST en 2007 restructurant l’hôpital public à coup de suppression de postes (4000 prévues pour l’APHP entre 2010 et 2012).
• Instauration de franchises médicales au coût individuel certain pour les patients, mais dont l’efficacité budgétaire est très faible (800 millions d’euros, pour un déficit de la sécu qui s’élève à 30 milliards d’euros…)
• Déremboursement de 110 médicaments en 2010, dont certains sont largement utilisés et reconnus par les praticiens et les patients.

Notre proposition

Pour protéger les jeunes contre cette politique, Jean-Paul Huchon inscrit dans son projet de "bouclier social" une Complémentaire Santé Jeune.

Le principe : pour toute souscription à une mutuelle, la Région procèdera au remboursement d'une part plafonnée à 100€ par an. Ce dispositif s’adresse aux jeunes de moins de 26 ans ayant souscrit à titre individuel à une complémentaire santé.

mercredi 3 mars 2010

Régionales - Vincennes : le 10 mars, on vous invite!


Hier soir, distribution "nocturne" de tracts avenue de Paris avec des camarades vincennois dont Claire - notre candidate sur la liste PS dans le Val-de-Marne -.
Ressenti, comme ce matin d'ailleurs où nous étions présents devant la gare RER de Vincennes : l'accueil est bon, souvent même chaleureux, et notre projet intéresse !

Au coeur des échanges avec les Vincennois rencontrés : la réunion publique que la section de Vincennes organise mercredi prochain, en présence de Michèle Sabban (tête de liste PS dans le Val-de-Marne) et de Manuel Valls.

Vous aussi, vous voulez mieux connaître notre projet et vos candidats ?
Rendez-vous mercredi prochain à 20h30 !



mardi 2 mars 2010

Régionales : “vue courte et maux croissants” ou l’approche ubuesque de la droite face aux violences en milieu scolaire


Quelques mots sur le débat contradictoire organisé hier soir dans l’émission politique “Mots croisés”, en vue des élections régionales. Seul du genre, à ma connaissance, que ces élections se soient vu accorder à ce jour ! Pour m’en tenir à l’angle sous lequel j’ai décidé d’envisager la campagne en priorité, je reviens sur la partie - importante - du débat consacrée aux “violences en milieu scolaire”. (Pour mémoire tous les lycées, qu'ils soient d'enseignement général, techniques ou professionnels, publics ou privés sous contrat, relèvent à la fois de l'Etat et des Régions.)
Cette partie du débat, une des plus ancrées dans les préoccupations quotidiennes des Franciliens, a eu en outre le mérite de faire apparaître clairement ce que recouvre - sur ce sujet et en termes de projet pour les jeunes - l’opposition entre l’UMP-Nouveau Centre et leurs alliés d’une part, le PS, Europe Ecologie et le Front de Gauche d’autre part.

À droite, Laurent Wauquiez - pas Lafon... gare aux homonymies -. Avec un raisonnement auquel le bilan de l’actuelle majorité présidentielle condamne ses représentants : la société est le théâtre d’une montée de la violence - indirectement soutenue par la politique, à bien des égards brutale, de l’actuel gouvernement - ; il s’agit donc de la cloisonner en parcelles qui communiquent le moins possible entre elles.
Concrètement : enfermer les lycées derrière un rempart d’appareils de vidéo-surveillance et de grilles toujours plus hautes, en se persuadant que l’écho de la violence polymorphe qui marque le quotidien de nombre de nos concitoyens, fuyant les caméras et se diffusant par voie aérienne tel un gaz lourd, renonce à toucher les établissements scolaires. La droite ou “l’imagination au pouvoir”...
Comme si l’écho de cette violence, quand il frappe collégiens ou lycéens, ne prenait pas plus simplement la forme d’actes commis par des personnes, venues d’autres quartiers que ceux où se trouvent le collège ou le lycée, le plus souvent devant l’entrée des établissements scolaires (ou aux abords des équipements sportifs utilisés par ceux-ci à l’extérieur de leurs murs), ou bien à l’intérieur par des individus entrés... par la porte des mêmes établissements.
Soyons justes : M. Wauquiez ne se contente pas de ces invocations. Tenant compte du rôle des rapports entre les personnes dans la lutte contre les violences en milieu scolaire, il assure que le gouvernement a engagé dernièrement une politique de recrutement massif de personnel éducatif compétent. Trop récemment sans doute : personne, sur le terrain, n’en aperçoit à ce jour le moindre signe. Sans doute le deuil - des 16 000 suppressions de postes en 2010 annoncées par le gouvernement - voile-t-il le regard des observateurs les mieux placés... À moins que M. Wauquiez ne confonde “sanctuaire” - le gouvernement aspirant selon lui à “sanctuariser” les établissements scolaires - et “ossuaire”.

Quelle alternative ? À gauche - Benoît Hamon pour le Parti socialiste, Cécile Duflot pour Europe Ecologie, Marie-George Buffet pour le Front de Gauche -, les discours étaient bien accordés. Chacun exprimant tranquillement sa sensibilité propre, ce qui n’empêchait nullement une vraie cohérence d’approche de se dégager.
Je n’entre pas ici dans le détail des propositions - j’aurai, et d’autres avec moi, le temps de le faire d’ici au 14, puis au 21 mars.
Première remarque : à gauche, c’est rassurant, on ne renonce pas à prévenir les violences, c’est-à-dire à dénouer en amont les tensions qui les font naître. Punir les actes violents (le cas échéant à l’aide de la vidéo-surveillance) c’est nécessaire pour recadrer les fautifs. Empêcher qu’ils n’adviennent, en agissant en amont aussi souvent que possible, c’est encore mieux - surtout pour les victimes.
Deuxième remarque : porteurs d’une part de “radicalité” ou d’une volonté d’innover plus - ou autrement - affirmée que le Parti socialiste, ses partenaires apportent dans notre démarche commune une réelle valeur ajoutée. Par exemple, j’ai entendu avec plaisir Mme Buffet et Mme Duflot appeler de leurs voeux des partenariats innovants entre les membres de la communauté éducative dans leur diversité (voir, à ce sujet, mon post du 13 septembre dernier Ecole, entreprises, fiscalité : leçons de rentrée... et devoir de socialistes!). Notre approche, résolument progressiste, ne se réduit donc pas à la demande de “toujours plus de moyens”. Elle se rassemble dans l’ambition d’innover, pour être efficaces ! Il serait temps que la droite, en tout cas ses porte-parole, l’entende - ce qui n’était pas le cas hier soir encore.

À ce propos et pour conclure, force est de souligner la triste “cohérence” entre l’approche de la droite représentée hier par M. Wauquiez en matière de violences en milieu scolaire, et l’approche “tactique” de cette même droite en vue du scrutin des 14 et 21 mars prochains.
Quelle cohérence ? Quand M. Wauquiez, en fin de débat, tourne en dérision les alliances que Parti socialiste, Front de Gauche et Europe Ecologie se disent prêts à construire pour le second tour, il fait malgré lui un aveu terrible. Celui d’une droite prisonnière de son renoncement au dialogue. Un renoncement qui, confondant choix tactique et méthode de gouvernement et malgré des exceptions locales (voir la page du site “Forum français pour lé sécurité urbaine” consacrée au Projet “Franciliens tous médiateurs !” et à la rencontre régionale du 24 novembre dernier à Pierrefitte-sur-Seine), dicte largement à la droite sa politique en direction des jeunes (voir mon post du 16 octobre dernier Jeunes et éthique républicaine : une rencontre fondatrice sacrifiée par l'exécutif) !

Vouloir insuffler du “pouvoir-vivre” dans l’espace public - y compris pour les jeunes Franciliens : une raison supplémentaire de choisir, dès le 14 mars, la gauche pour nos régions !

jeudi 25 février 2010

Régionales : pour préparer "demain", aller au-devant des jeunes !


Retour “au clavier”... enfin ! Contraintes personnelles et obligations professionnelles (rencontres au fil des dernières semaines avec divers acteurs de la communauté éducative, en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne, en Seine-et-Marne aussi) m’en ont, de façon inattendue, tenu éloigné ces derniers temps. Trop à mon goût ! Comme la vie, l’actualité réserve des surprises. Des surprises qui, dans le retrait même auquel elles obligent, la moindre disponibilité à laquelle elles contraignent, ramènent aussi vers l’essentiel. Y compris sur le plan de l’engagement politique !

Clairement, parmi ce qui aujourd’hui requiert le plus cet engagement, il y a le sort fait aux jeunes par l’actuelle majorité. Leur quotidien. Comment leur avenir - c’est-à-dire notre avenir - comme individus et comme citoyens y prend naissance. Ou pas.
J’ai déjà eu l’occasion de le dire sur ce blog (voir "Egalité réelle des chances" : dépasser l' "approche Sarkozy", "Jeunes : l'inquiétant bricolage de l'exécutif"...). Je l’ai dit récemment à mes camarades vincennois. On parle souvent de ce - et de ceux - qu’il faudra reconstruire - ou aider à reprendre confiance dans l’avenir et ceux qui y président - quand la droite ne sera plus au pouvoir. On ne parle pas assez des jeunes. Encore moins... avec les jeunes, dans leur diversité.
Ils sont pourtant en première ligne face aux dégâts que, tantôt par choix tantôt par renoncement à faire son travail, l’actuelle majorité et son exécutif causent dans notre pays.

L’actualité donne l’alerte. Sous des formes diverses. Chômage des jeunes, sur fond d’enlisement (pour ne pas dire d’embaumement) du “Plan Espoir banlieues”. Violence dans - et aux abords - de nombreux collèges et lycées de l’académie de Créteil. Déboulonnage par l’exécutif et sa majorité, degré par degré, du service public de l’éducation - cette l’échelle sur laquelle ils continuent à exhorter solennellement nos jeunes concitoyens à prendre appui pour pousser leurs chances dans la vie. Mobilisation consécutive et massive, dans toute l’académie de Créteil, de la communauté éducative entière - enseignants, parents d’élèves, élèves.
Cause ? Symptôme ? Circonstance aggravante ? Tandis qu’un glissement de terrain menace, l’exécutif semble opter pour la politique... de l’autruche. Quand les jeunes et ceux qui travaillent avec eux - interlocuteur venus, en quelque sorte, de demain - dénoncent une situation inquiétante et une gouvernance délirante, la droite fait “disparaître” ces importuns. Fermant les yeux, et se bouchant les oreilles. Et s’employant à les faire taire... sinon tout simplement à nier leurs spécificités !

Fâcheux symbole de cette posture : la suppression annoncée du Défenseur des enfants (la condamnation sévère par Mme Versini du fonctionnement actuel des Centres de rétention administrative chers à Eric Besson n’y est clairement pas pour rien).
Dans ce contexte, certaines injonctions ministérielles prennent des accents de farce cruelle... Par exemple quand, au lendemain de la mort du jeune Hakim, lycéen de 18 ans poignardé à mort par un camarade le 8 janvier à l'intérieur du lycée Darius-Milhaud du Kremlin-Bicêtre, M. Châtel (ministre de l’éducation nationale) décrète que les élèves devront observer une minute de... silence ! Assortie il est vrai d’une discussion avec leurs professeurs... à qui les oreilles du ministre ne sont, pas plus qu’à eux, guère ouvertes.
C’est la suppression, dans l’environnement quotidien des écoliers, collégiens, lycéens, étudiants, des interlocuteurs disponibles et qualifiés pour évoquer leur avenir (orientation professionnelle ou vers les étapes suivantes de leur formation). C’est le refus de maintenir en nombre suffisant - sinon de travailler sérieusement à développer - à l’intérieur des établissements scolaires les moyens humains de dissiper - avant dérapage ! - ce qui chaque jour porte le risque d’une angoissante coupure (mal-être aux sources variées, brutalités subies ou ressenties...). Par exemple les assistants d’éducation. Ou encore, la “médiation par les pairs”.
C’est le prétendu “dérapage” de Francis Delattre (maire UMP de Franconville) à propos d’Ali Soumaré, tête de liste PS dans le Val-d’Oise, “confondu” avec un homnyme. Comme si, au fond, "les jeunes, c'était interchangeable"...
Il est besoin d’un sénateur... radical de gauche pour ramener la majorité à la raison, à l’ “esprit de projet”, bref au travail que chacun de ses membres doit aussi aux jeunes : c’est le service civique volontaire voté aujourd’hui même au parlement - et dont il faut souhaiter qu’il ne finisse pas “empaillé” à la manière du “Plan Espoir Banlieues”.
Tout se passe comme si, faute d’être prêt à construire avec eux aussi notre avenir, et refusant donc de laisser surgir ce qu’ils ont à exprimer, l’actuel exécutif avait choisi d’étouffer la voix des jeunes. Et les jeunes avec.

C’est ce que je refuse. C’est ce qu’on a vu Jean-Paul Huchon refuser, vendredi dernier, parmi les quelque 4000 personnes de la marche à la mémoire d’Hakim. Ou déjà le 20 novembre dernier, à l’occasion de la journée de travail organisée par la Défenseure des enfants pour le 20e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant.
Durant cette journée de travail avec des jeunes venus de toute l’Ile-de-France, dans le sillage de celle à laquelle j’avais participé au côté de Mme Versini il y a quelques mois (voir mon post du 19 juin dernier), on a pu constater une fois de plus la densité, l’intensité, quelquefois l’urgence, du message que portent les jeunes franciliens - singulièrement dans ce contexte de crise.
Mesurer, à l’écoute de leurs témoignages, l’insuffisance flagrante de la place faite au dialogue dans leur quotidien. La fuite même devant celui-ci, alors qu’il est un des points d’appui évidents pour apprendre à “faire société” (dialogue avec ses pairs), et pour articuler ce quotidien avec la société dans laquelle il s’inscrit (dialogue avec les responsables politiques...).

Pour jouer vraiment son rôle, le Parti socialiste devra, rapidement, être à la hauteur du travail qui s’impose à lui dans ce domaine. Penser un projet politique national où les jeunes soient non seulement pris en compte - mais aussi partie prenante. C'est aussi cela, une politique du "pouvoir-vivre" !
D’ores et déjà en tout cas, Jean-Paul Huchon, celles et ceux qui font campagne avec lui - dont mes camarades et voisines Claire Lemeunier, Sandra Provini,
Tiffany Ermenault et Laure Herbert - l’action et le projet qu’ils représentent, en sont incomparablement plus près que leurs adversaires de droite dans cette élection régionale ! C'est ce que je vais, d'ici au 14 mars, m'employer à illustrer sur ce blog.

samedi 14 novembre 2009

Régionales : les socialistes galvanisés se mettent en ordre de bataille


Les habitués de ce blog s'en sont aperçu : même si le PS est ma famille politique, je n’hésite pas à dire quand il appelle la critique. Ainsi du rythme - à mon avis trop lent - et de l’ouverture - selon moi insuffisante - sur la base desquels se fait le travail visant à construire un projet véritablement renouvelé, adapté aux défis nouveaux, pour notre pays et nos concitoyens (voir mon post PS - travail : retour sur une fin de semaine contrastée du 23 octobre). Ou, il y a quelques mois, du manque de clarté de notre message pour les élections européennes (voir mon post du samedi 4 avril et celui du lundi 18 mai Européennes : pour la "2e mi-temps", soyons mobilisés, clairs... et ouverts !).

Cela dit, je suis heureux quand je sens les socialistes capables de tenir pleinement leur rôle dans l'espace public ! Cela semble être le cas aujourd'hui, dans la perspective des élections régionales. À exactement 4 mois du premier tour de ces élections, le PS apparaît galvanisé, concentré, et se met tranquillement en ordre de bataille. Certes, il n'a pas retrouvé le flot de militants auquel la campagne présidentielle avait donné lieu. Les réunions de travail ne rassemblent pas des foules. Mais les militants présents ont, clairement, envie de travailler, et le moment venu d’en "découdre". Loin de les laisser groggys, le coup de massue des européennes semble les avoir galvanisés.
C’est ce dont témoignait, paradoxalement, la réunion de travail à laquelle j’ai participé jeudi soir à Créteil, à la fédération PS du val-de-Marne. Il s’agissait d’une réunion préparatoire à notre campagne pour les régionales en matière de transports. Peu de présents (une dizaine), mais des échanges concrets, nourris et constructifs. Vigoureux, aussi - ce qui est bon signe ! Une volonté commune - et palpable -, de convaincre et de construire ensemble - c’est-à-dire avec les Val-de-marnais.
Animée par mon ami Amir Ben Merzoug de Champigny-sur-Marne (secrétaire fédéral à la Riposte et aux Questions de société), cette réunion a bénéficié des interventions de Christine Revault d’Allonnes (conseillère régionale) et de Fabrice Labroille (chargé de la commission “Transport et circulation” au sein du groupe socialiste au Conseil régional).
Pour ma part, utilisateur quotidien des transports en commun dans le Val-de-Marne et en petite couronne (en moyenne banlieue aussi quand j’habitais dans l’Essonne), chargé notamment des questions de transports dans la préparation de notre campagne municipale en 2008, j'ai mis en avant ce que me semblait devoir être l'axe fort de notre campagne dans ce domaine.
S’agissant du contenu de cette séance de travail, j’en réserve la primeur aux militants de la section de Vincennes - je l’ai promis à notre secrétaire de section !

Vendredi soir, une fois n’est pas coutume, je n’ai pas pu prendre part à la réunion mensuelle de la section PS de Vincennes. Des engagements personnels m’en ont tenu éloigné. Avant ce changement de dernière minute, j’avais prévu de faire part à mes amis vincennois de ma candidature à la liste socialiste dans le Val-de-Marne pour les prochaines élections régionales. J’avais en effet appris quelques jours avant sa validation par notre fédération. C’est donc par un texte, adressé à eux, que je leur ai expliqué l’esprit de cette candidature.
N’ayant guère de goût, à ce stade de mon parcours militant, pour m'insinuer dans les rouages intimes de la fédération ; n’étant pas déjà titulaire d’un poste qui me donnerait un poids particulier - le non-cumul strict fait même partie de mes combats politiques -, et le PS n’ayant pas encore - loin s'en faut - parachevé sa rénovation sur ce plan, je ne nourris pas d’espoirs déraisonnables quant aux chances qu’a cette candidature d’aboutir. Pourquoi dès lors l’exprimer, me direz-vous ?
La réponse est dans la question : pas pour décrocher une place.
Pour apporter à notre campagne dans le Val-de-Marne ce que, à ce stade de mon parcours militant et citoyen, je sais pouvoir lui apporter. Des atouts-clés, dans le contexte très sensible où va se dérouler cette campagne, pour la rendre à la fois percutante contre la droite, et convaincante pour nos concitoyens dans leur diversité. C’est ce que j’ai expliqué aux socialistes vincennois, dans le texte ci-contre.

L’essentiel en tout cas, c’est la campagne, et c’est de la gagner. De la gagner, bien sûr, avec les Val-de-marnais ! Ce qui exige de ne pas manquer, cette fois, le rendez-vous avec nos concitoyens. Pendant la campagne des européennes, comprenant qu’il se passait quelque chose dans le paysage politique, sentant que des changements importants étaient en train de s'y produire, j’avais beaucoup circulé dans notre département. J’avais ressenti le besoin d’entendre les approches se confronter, les val-de-marnais s’exprimer, dans leur diversité. D’où mon choix de participer au maximum de réunions publiques donnant lieu à des débats ouverts et pluralistes (voir mon post Européennes : pour bien choisir... comparez ! du 31 mai dernier).
Revers de la médaille : tout en étant présent sur le terrain à Vincennes, je l’avais moins été que lors des campagnes précédentes (présidentielle, législative, municipale) où j’avais c’est vrai un rôle important à jouer (comme coordinateur des actions de terrain, puis comme directeur de campagne). Au bout du compte, après avoir vécu douloureusement une campagne - celle du PS - dont j’avais perçu rapidement qu’elle était en décalage avec la “nouvelle donne” politique - et que pour cette raison notamment elle ne mobilisait guère les militants -, j’avais vécu le résultat de cette campagne en témoin peiné - situation pour laquelle mon tempérament ne me donne guère de goût -.
Alors pour cette campagne, mon choix est fait ! Bien entendu, je serai le plus disponible possible pour un dialogue ouvert et franc, dans la proximité, avec nos concitoyens. Sans cette dimension, l’action politique n’a, à mes yeux, pas de sens.
Si je suis appelé à faire partie de la liste socialiste pour le Val-de-Marne, l’esprit d’équipe au niveau départemental sera naturellement de mise. Je porterai le projet socialiste pour l’Ile-de-France là où cet esprit d’équipe m’engagera à aller dans le val-de-Marne (réunions publiques, débats contradictoires, distributions de tracts...).
En tout état de cause, avec les socialistes à qui cela tient à coeur, je ferai tout mon possible pour mener dans notre ville une campagne qui nous permettra de faire mieux qu’aux européennes - et si possible de renouer avec nos résultats précédents !


mardi 10 novembre 2009

Des murs... et de l’art de les faire tomber


Hier, nous célébrions le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin. Cette commémoration, avec ce qu’elle symbolise, trouve de multiples échos dans l’actualité. Offrant ainsi plusieurs lectures. J’en choisis une - peu originale j'en conviens : le rôle capital, dans la construction de l’Histoire et de la communauté internationale, de l’art qui consiste à faire “tomber les murs”.

S’agissant du mur de Berlin, on pense naturellement aux chefs d’Etat dont l’action concertée a permis que la chute se fît, et se fît sans bain de sang : George Bush père (alors président des Etats-Unis), Helmut Kohl (le “chancelier de la réunification”), François Mitterrand, Mikhaïl Gorbatchev. Lech Walesa aussi, d'une certaine façon.
Par une de ces coïncidences dont le sort a le secret, cette commémoration coïncide à quelques jours près avec la disparition de Claude Lévi-Strauss, et le retour sur l’enseignement de son oeuvre auquel elle a donné lieu. Et notamment, ce message universaliste, revenant à faire tomber mentalement quelques murs : par-delà les frontières mouvantes des Etats, l’humanité tout entière est structurée par des mécanismes universels ; comprendre les sociétés humaines, tisser entre elles les rapports constructifs qui font avancer l’Histoire, ouvrent l’avenir - et progresser ceux qui s’y engagent -, cela passe aussi par la prise en compte de cette réalité.
Une réalité dont certaines occasions privilégiées permettent de faire l’expérience. Ainsi de la visite rendue aujourd’hui à mon ami Yao Metsoko. Peintre togolais, celui-ci est actuellement en résidence à “La Butte Pinson”, domaine situé à Pierrefitte-sur-Seine (à la frontière de la Seine-Saint-Denis et du Val-d’Oise). Le site, magnifique, fait tout à coup tomber la frontière entre monde urbain et monde rural (c’est aussi une ferme pédagogique). De même, l’art de Yao fait ressentir, sous un habillage qui tresse les matériaux comme les univers culturels de référence, les forces et les flux qui irriguent en profondeur l’humanité. De quoi nourrir, sinon revitaliser la notion - au coeur de notre devise républicaine - de “Fraternité”.

Faire tomber un mur, me direz-vous, ne suffit pas à faire surgir quelque chose de l’autre côté. C’est vrai. Savoir inventer, créer ensemble, cela fait partie intégrante de l’art de “faire tomber les murs”. Quelques champs de travail stratégiques, ou d'occasions intéressantes...
Ainsi la réunification européenne, à laquelle la réunification allemande avait ouvert la voie, demeure-t-elle à réussir. À ce jour, elle est le plus souvent ressentie par les peuples d’Europe comme subie plus que voulue - alors qu’elle aurait dû être un grand projet fédérateur, marquer la naissance d'une nouvelle Europe, voire d'une Europe-puissance. Notamment faute de leaders entraînants et convaincants incarnant une volonté générale. Faute aussi d’un projet politique clair.
En matière de pratique politique, la campagne pour l’élection présidentielle de 2007 avait vu, à l’initiative de Ségolène Royal - d'ailleurs présente à Berlin lundi soir -, le Parti socialiste faire tomber le “mur” qui trop souvent le coupe de nos concitoyens. Un mur, soyons juste, dont il n’a pas le monopole ! Surcroît de mobilisation, retrouvailles avec une partie de l’électorat le plus modeste et des jeunes : un rassemblement, beau et porteur d’avenir parce que résolument en prise avec ce qui se passe en-dehors de l’ “appareil”, s’était alors encenché. Assumé avec fierté - avec sa dimension participative -, conjugué avec un travail de fond pour construire un projet politique capable de cristalliser un rassemblement progressiste - ce qui implique notamment que se tienne enfin la "convention sur le nouveau modèle de développement" que doit présider Pierre Moscovici -, ce rassemblement est un des chemins de l’alternance en 2012.
Plus spécialement en Ile-de-France et sur le plan culturel... Je rappellerai seulement qu’à la fin de la semaine s’ouvre le festival Africolor - qui fête lui aussi ses 20 ans. Organisé du 13 novembre au 20 décembre, en partenariat avec le Conseil régional d’Ile-de-France, il passera notamment à Bonneuil-sur-Marne. Une autre façon de rendre hommage - un spectateur “dépaysé” se faisant irrésistiblement acteur - à ceux qui “font tomber les murs”, de faire vivre leur art - et ce qui peut en naître !

dimanche 8 novembre 2009

La Poste est "partout", mobilisons-nous pour qu'elle y reste !


Passage éclair devant mon clavier, après une semaine chargée qui m'en a tenu éloigné (et m'a malheureusement empêché de rendre en temps voulu à Claude Lévi-Strauss l'hommage qui s'impose)...


En début de semaine, retour de Lille, ville que je découvrais et dont j’ai pu apprécier la programmation audacieuse sur le plan culturel : spectacle désopilant de la compagnie théâtrale du Prato à l’ancienne gare Saint-Sauveur, rétrospective Peter Klasen (pionnier du mouvement de la “Figuration narrative” en peinture) au Tri postal... Rentrée arrivée à toute allure (comme toujours !), et même avec un jour d’avance (réunion à Stains jeudi). Quelques parenthèses "enchantées", tout de même, au fil de la semaine - la vie reprenant ses droits !

Jeudi soir, réunion publique à Villejuif sur le thème : «L'avenir de La Poste : quelle entreprise pour quel service public ?». Organisée par le Collectif villejuifois pour la défense de la Poste (composé de citoyens de la ville, d'ATTAC, de la CGT, des Verts, du NPA, du MRC, du PCF, du PG, du PS, des élus communistes partenaires et citoyens et des élus socialistes et apparentés), cette réunion a bénéficié d’une mobilisation étonnante - visible dans la salle - vu le moment de la semaine.
Et aussi d’intervenants complémentaires et de qualité, à savoir Danielle LINHART (sociologue du travail, membre de l’observatoire du stress ... de France Télécom), Bruno TINEL (économiste), et Mostefa SAFI (agent de La Poste).
Aspects de la question abordés : les évolutions délétères à craindre en cas d’ouverture de capital (a fortiori en cas de privatisation), ou déjà observées depuis quelques années, du point de vue de la qualité du service pour les usagers de La Poste, des conditions de travail pour les agents de La Poste, et du point de vue des réalités économiques et budgétaires.

Écho - lointain ! - de la visite faite au “Tri postal” de Lille... Mais surtout, prolongement de la mobilisation politique et citoyenne pour l’avenir du service public postal. Marquée dès novembre 2008 devant la Poste centrale de Créteil, rejointe dans notre département par le PS et révélée dans son ampleur par la “votation citoyenne” le mois dernier (plus de 2 millions de votants dans toute la France, 70 000 dans le Val-de-Marne), prolongée par le rassemblement de la semaine dernière devant le Sénat... cette mobilisation garde toute sa force.
Une force qui n’a rien de surprenant, et qui dit l’attachement de nos concitoyens au service public postal, à ce qu’il symbolise en termes de valeurs républicaines (égalité d’accès, égalité de traitement...) et au-delà à la cohésion territoriale !

Le sujet n'a pas manqué de s'inviter hier soir au Krêmlin-Bicêtre (je vous recommande la brasserie "La Comète" !), parmi beaucoup d'autres, dans les échanges qu'avec des amis bloggeurs val-de-marnais nous avons pu avoir avec un conseiller régional PS d'Ile-de-France. Un moment de convivialité passionnant et stimulant !

mardi 3 novembre 2009

Odéon, Bamako : deux horizons, "une" exigence


C’est entendu, le monde est entré dans une nouvelle ère. Des observateurs aussi avisés que Pierre Moscovici ou Hubert Védrine, dans leurs derniers ouvrages, le soulignent assez. Et chacun de nous, dans son quotidien même, le perçoit.
Nouveau rythme et nouveaux modes de diffusion des communications et de l’information grâce aux nouvelles technologies de la communication et de l’information. Prise de conscience qu’un rapport nouveau à notre environnement doit advenir. Prise de conscience de ce que la seule croissance ne suffit pas à rendre heureux - y compris sur les territoires qui en bénéficient globalement -, et que d’autres éléments pèsent lourd dans le bonheur d’une population...
De cela découlent certaines obligations. Et notamment, d’urgence, revitaliser et inventer les bons repères (valeurs, pratiques, connaissances) à partir desquels aborder les rapports entre les espaces et ceux qui les peuplent. Sur notre propre territoire, comme vis-à-vis des autres pays et continents.


Pour certains, empoigner ce défi, cela passe avant tout par un débat sur l’identité nationale. Sur ce débat, j’aurai l’occasion de revenir, mais une autre fois. Parce que, en ce qui me concerne, “mon” actualité fait que le travail a, d’ores et déjà, pris une autre forme. Avec des horizons d’action fort divers (ne serait-ce qu’en termes de distance !) : les régions françaises dans la diversité de leurs territoires et de leurs populations ; le Mali, comme pôle d’un dialogue interculturel ambitieux. Mais à partir d’un repère fort, fil d’Ariane reliant en profondeur ces horizons d’action : l’exigence de solidarité entre les territoires.


Hier, ma soirée a donc commencé aux abords du Sénat, rue Rotrou, avec ceux de nos concitoyens qui s’étaient mobilisés pour l’avenir de la Poste au moment où les sénateurs examinaient le projet de loi portant changement de statut de celle-ci.
Citoyens, associatifs, militants syndicaux, militants politiques... Nous étions plusieurs centaines à faire entendre une double exigence : celle d’une solidarité irréductible entre les territoires - forme de “fraternité” au coeur selon nous du pacte républicain, fondateur de l’identité nationale sur le plan politique - ; celle d’une association renouvelée, plus effective et plus profonde, des citoyens au processus d’élaboration de certaines décisions stratégiques, touchant au coeur de ce qu’ils ressentent comme leur patrimoine commun - y compris sur le plan des valeurs censées régir les rapports entre eux -. D’où l’appel, solidaire, à la tenue d’un référendum sur l’avenir de la Poste.
Ayant vécu avec tristesse, l’hiver dernier, la faible ampleur de la mobilisation devant la poste centrale de Créteil, j’ai ressenti avec bonheur l’intensité et la diversité du rassemblement d’hier soir - en particulier la présence du parti socialiste, désormais pleinement parti prenante dans ce combat.

Ma soirée s’est prolongée à Saint-Ouen, pour une réunion de travail pour un projet d’échange culturel avec le Mali. Au coeur de ce projet, à la genèse duquel j’ai participé depuis l’année dernière, une double conviction : la culture traditionnelle d’un pays comme le Mali regorge d’enseignements sur les rapports possibles, plus harmonieux, entre l’homme et son environnement naturel ; les nouvelles technologies, loin d’enfermer chacun dans une orbite d’autant plus étroite que l’avalanche d’informations - y compris les plus anecdotiques - tend à la saturation et entrave la prise de recul, peuvent contribuer à un dialogue en profondeur entre les cultures les plus différentes.
Au fondement de ce projet, une aspiration. Plus : une exigence vis-à-vis de soi-même, comme citoyen. Contribuer à faire émerger de nouveaux rapports, radicalement et réciproquement solidaires, non seulement entre les populations, mais aussi entre les territoires et les cultures dont ils sont porteurs. À l’appui de cette aventure : la diversité d’âges, de parcours, de compétences, de ceux qui ont choisi de s’y engager.


N’abordons pas le 21e siècle repliés sur nous-mêmes, “forts” d’un état d’esprit étriqué ou timoré qui, immanquablement, finirait par déteindre sur les comportements de chacun et par amoindrir notre force collective. C’est aussi dans des aventures humaines de cette nature, vécues à ces différentes échelles, que réside le creuset de la “nouvelle” citoyenneté. Celle qu’appelle le monde nouveau dans lequel, désormais, nous vivons - et à la vie duquel nous devons participer avec force.

vendredi 23 octobre 2009

PS - travail : retour sur une fin de semaine contrastée


Retour sur la fin de semaine dernière. La question du travail et des conditions de travail des salariés y ont été au coeur des échanges auxquels j’ai pu, comme militant socialiste, prendre part. J’y ai contribué. J’en retire une impression contrastée.

Travail, conditions de travail et salariés au coeur de la réflexion des socialistes, donc. Vendredi soir, à Vincennes, c’était l’AG mensuelle de notre section locale. Parmi les points à l’ordre du jour j’avais demandé, relayant les demandes de nombreux de nos camarades (notamment de “L’Espoir à Gauche”), que l’on prenne le temps de prendre à bras le corps ce sujet. Parce qu’il est d’une actualité criante, qui, vis-à-vis de nos concitoyens, nous interdit de regarder ailleurs. Plus profondément, parce qu’il est au coeur de ce qui fait notre engagement commun, à nous socialistes. Histoire de notre pensée politique, sensibilité partagée face à ce dont est tissé le quotidien de nos semblables : notre responsabilité singulière est évidente. Au programme, du coup : un débat sur “la souffrance au travail”.
Samedi matin, ceux qui souhaitaient compléter et prolonger cette réflexion pouvaient se rendre à la journée de travail organisée par le PS à “La Bellevilloise”. Une journée intitulée : “Au travail pour l’emploi !” À la différence d’autres journées de travail (comme celle du printemps dernier consacrée aux PME qui à part quelques invités rassemblait exclusivement des socialistes), celle-ci s’annonçait comme une “journée de débat et de propositions avec l’ensemble des partis de gauche et des syndicats”. Pour être honnête, je n’ai pu être présent que le matin.
Le week-end a donc commencé pour moi par une promenade sportive du côté de Ménilmontant, avant d’enchaîner sur le discours inaugural de Harlem Désir, puis la table ronde “Comment protéger les salariés victimes de la crise ? Quels changements pour demain ?”, animée par Alain Vidalies (secrétaire national du PS à l’emploi et au travail). (Intervenants : Alain Vidalies, Thierry Lepaon membre de la commission exécutive de la CGT, Dominique Corona secrétaire national à la formation syndicale UNSA, Marcel Grignard secrétaire général adjoint CFDT, Pascale Gérard secrétaire nationale PS à la formation professionnelle et à la sécurité sociale professionnelle).

Au cours de ces deux moments de travail, j’ai entendu beaucoup de choses intéressantes. Certaines que j’avais déjà entendues, d’autres avec lesquelles j’étais d’accord, d’autres vis-à-vis desquelles j’avais des réserves (y compris à l’occasion parce que je ne les comprenais pas !). Au total, les échanges ne m’ont pas paru manquer de consistance. Ni de sincérité, ce qui sur un tel thème est déjà, d'une certaine façon, un signe de bonne santé pour le PS.
Pourtant, je l’ai dit, comme militant j’ai retiré de cette fin de semaine une impression mitigée. Plaisir de voir ma famille politique retrouver les chemins d’une de ses missions premières : penser un progrès qui se décline aussi dans le quotidien des travailleurs. Plaisir aussi de voir, dans le travail de réflexion mené pour cela, se négocier un tournant nécessaire et qu’avec d’autres j’appelais il y a quelque temps maintenant dans mon travail Pour une politique du pouvoir-vivre : celui qui consiste à rechercher le progrès non seulement dans les “conditions de travail” (temps de travail, conditions de rémunaration, etc., autrement dit le cadre à l’intérieur duquel les salariés exercent leur activité), mais aussi dans le contenu du travail lui-même (ce qui se fait et ce qui se passe sur le lieu de travail, durant une journée de travail, en termes de tâches, de relations de chacun avec son environnement, etc.).
Plaisir donc, mais aussi frustration. Dans le même temps où il annonce le rassemblement, l’appareil du PS, il faut le reconnaître, peine encore à mobiliser ses propres “troupes”. C'est-à-dire les militants. Or la “renaissance” (nécessaire et urgente) du Parti socialiste passe aussi par là.
De même, cette “renaissance” exige de faire émerger, sinon déjà de nouvelles idées, du moins des perspectives inédites. Comme autant de sillons où des idées nouvelles trouveraient, pour germer, un terreau propice. Cela ne s’est pas produit samedi. J’ai entendu beaucoup de choses intéressantes. Beaucoup de choses que j’avais entendues déjà en juin dernier. Je suis reparti (certes avant la fin) avec trop peu de pistes de travail nouvelles, à mon avis parce qu’il y a eu trop peu de débat. Trop peu de passion, aussi.
Pourquoi ? Mon sentiment : les interlocuteurs se connaissaient trop. Ils se sont trop habitués les uns aux autres. Et en même temps, on le sent bien, une partie d’entre eux se jaugent, à l’approche d’un rendez-vous électoral - les élections régionales - qui sera le premier à la veille duquel tout le monde aura conscience des transformations profondes qui travaillent actuellement le paysage politique français - et avaient déjà commencé à le travailler durant la campagne des élections européennes. Chacun s’apprête à “se compter”. Résultat : tous sont réunis dans une même salle, mais sur le plan des idées chacun reste dans son orbite traditionnelle, égrenant sans surprise analyses et propositions déjà formulées - pas encore essayées, par la force des choses. On sait quelle importance revêt pour moi la capacité du PS à agir avec ces partenaires historiques et naturels que sont les autres formations de gauche et les syndicats. Mais comment, dans ces conditions, attendre la passion que peut seul faire sourdre dans le débat le sentiment que, en France, un changement de rapport de forces politique est imminent - et donc, qu’à travers les analyses et propositions confrontées c’est demain que nous créons ?

Décidément, il s’avère désormais difficile de séparer audace dans les “partenariats de réflexion” (dans les lieux et les moments consacrés au travail sur le fond), et efficacité pour mettre au jour les chemins d’un projet politique nouveau et potentiellement majoritaire en France !
De l’audace dans les “partenariats de réflexion”, qu’est-ce à dire ? Notamment deux choses : oser prolonger le dialogue engagé cet été, à Marseille, avec non seulement Daniel Cohn-Bendit et Robert Hue, mais aussi Marielle de Sarnez. Cette dernière ne représentait pas tant le Modem - pas plus que Robert Hue le Parti communiste -, qu’elle n’exprimait une sensibilité politique et des aspirations ? Tant mieux. C’est la garantie d’une liberté, d’une énergie plus grandes dans les échanges, sans risque de sceller à la légère quelque alliance que ce soit. Et cela permet d’éviter de tout confondre, travail de fond et “stratégies d’alliance” à la veille d’une élection.
L’audace, c’est aussi nourrir notre travail d’échanges suivis et francs avec... les Français. Le “tour de France” entamé par Martine Aubry va, de ce point de vue, dans le bon sens. Mais on peut s’interroger sur sa portée et sur l’ampleur de son apport à la vigoureuse mobilisation intellectuelle qui s’impose au PS, si cette démarche de la Première secrétaire devait ne pas être relayée, localement, par sections et fédérations. Pour agir dans ce domaine, pour oser “sortir de nous-mêmes”, la campagne des élections régionales va nous ouvrir un espace. Notre bilan - qui en Ile-de-France, comme ailleurs, est bon - doit servir non seulement d’argument de campagne, mais surtout de point d’appui pour aller avec confiance au-devant de nos partenaires logiques dans l’espace public... à commencer par nos concitoyens ! Oser s’impose, et d’urgence, car ainsi que le souligne Pierre Moscovici dans son dernier ouvrage, “le compte à rebours pour 2012 est déjà entamé” !


vendredi 16 octobre 2009

Jeunes et règle républicaine: une rencontre fondatrice sacrifiée par l’exécutif


Hier soir, au cinéma “Le Vincennes”, le collectif RESF Vincennes - Saint-Mandé organisait une projection-débat autour du documentaire “Sans papier ni crayon”, de Marie Borelli. Ont suivi des échanges intéressants, animés par trois intervenants : Miguel Benassayag (psychanaliste et philosophe), Yoram Mouchenik (psychologue-psychotérapeute et anthropologue), et Emmanuel Terray (philosophe).

Les réflexions ont tourné notamment autour de deux questions :
- quelle signification et quelle portée le traitement fait aujourd’hui à ces enfants scolarisés de parents sans-papiers, a-t-il pour la société française ?
- doit-on renoncer à toute idée de "règle" dans ce domaine ?



J’ai eu la chance de pouvoir prendre part au débat (et de remercier le collectif pour cette soirée et les pistes de réflexion qu’elle a pu contribuer à ouvrir). Pour moi, la réflexion sur ce sujet doit impérativement faire une place centrale à la notion de "règle", qu'on ne peut pas évacuer sous peine de fausser le débat.
Cela posé, le traitement fait aujourd’hui aux enfants de sans-papiers sur le territoire français
a, me semble-t-il, une portée profonde et une grave signification pour la société française et le pouvoir qui la gouverne.
Pour résumer, il révèle, de la part de l’exécutif, un choix politique global : celui de sacrifier la rencontre entre futurs (ou jeunes) citoyens et éthique républicaine - pilier d'un modèle durable de “vivre-ensemble”. Il révèle aussi, de la part de responsables politiques locaux complaisants, le choix d’encourager cette politique.

De cela, l’actualité témoigne. Par exemple avec la suppression annoncée et brutalement amenée, à l'initiative de l'exécutif, d'une importante institution de la République : la Défenseure des enfants, chargée de veiller au respect sur le territoire français de la Convention internationale des les droits de l’enfant (signée par la France en 1989). Une suppression qui intervient au moment même où l’on s’apprête à célébrer les vingt ans de cette convention... et où la Russie elle-même se dote d’un Défenseur des enfants. C'est fouler aux pieds une institution qui, j'en ai été le témoin direct, contribue à les initier les jeunes à la règle et aux pratiques républicaines (voir mon post du 19 juin dernier).

Plus généralement l’exécutif, au travers de messages contradictoires, fragilise la crédibilité - et même la réalité - que la règle républicaine peut avoir aux yeux des jeunes français.
Saluant la main sur le coeur la naissance des lycées en 1802, “geste fondateur” qui “signifiait très concrètement la fin des privilèges de la naissance”, et posant les bases d’une France républicaine où ce qui comptait pour réussir, “ce n’[était] plus d’être bien né, c’[était] d’avoir travaillé dur et d’avoir fait la preuve par ses études de sa valeur”.
Et propulsant, de l’autre main, enfants et jeunes en des places - et d'une manière - que l’éthique et la règle républicaines récusent.
Enfants scolarisés, dont le seul "tort" est d'avoir suivi des parents aujourd'hui en situation irrégulière sur le sol français, poussés dans des centres de rétention administrative. Jeunes encore scolarisés, dans des taudis ou dans la rue. Dans les deux cas, au mépris de textes de droit censés s’appliquer sur le territoire de la république française ou reconnus par celle-ci.
Jeune à peine plus âgé (23 ans), encore scolarisé (2e année de droit) et dont le seul “tort” est d’être né d’un père devenu depuis Président de la république, poussé vers la tête de l’EPAD (établissement public chargé d’aménager, pour le compte de l’Etat et des collectivités locales concernées, le site de La Défense - actuel premier quartier d’affaires européen, soit 160 hectares où se gèrent des milliards d’euros).
Tenons-nous en à cet aspect des choses : si la tradition républicaine veut que dans les conseils d’administration des établissements publics les fonctionnaires ne votent pas pour élire le président, à l’EPAD depuis 10 ans les 9 fonctionnaires membres du conseil d’administration - nommés par l’exécutif - prennent part à cette élection.

Dans ces scènes contrastées, dont le théâtre s’appelle Centre de Rétention Administrative pour les uns, pour un autre “Cursus de Réussite Accélérée”, se lit en filigrane un message:

“C’est la Règle Abolie”...


Piégés eux-mêmes, ou témoins de ces scènes - tantôt déchirantes, tantôt aberrantes, en tous cas révoltantes - qui se jouent autour d’eux, quelle idée cohérente de l’éthique républicaine ces jeunes ou futurs citoyens peuvent-ils construire ? Comment dès lors s’approprieraient-ils les règles sous-tendues par cette éthique ? Est alors menacé de délitement un lien fondateur pour le "vivre-ensemble" : le lien que chacun noue, au fond de lui-même et dès l'enfance, avec la règle républicaine et ce qui la fonde.


Ce choix politique et le délitement dont il est porteur, certains responsables politiques tendent de fait à l'encourager. Par leur cécité devant le "spectacle" ainsi généré par l'exécutif. Cécité sélective, donc volontaire. Observateurs et auditeurs assidus de leurs “leaders”, ils ne semblent ni voir ni entendre ce qui se passe à quelques minutes de leur mairie ou de leur circonscription, ou au bout de la ligne de métro qui dessert leur ville. Ou encore, regardent ailleurs.
J'en ai fait la malheureuse expérience au sujet du CRA de Vincennes (voir mon post Laurent Lafon ou la "proximité à éclipses").
Faut-il y voir, à cet égard, une farce cruelle faite par Le Parisien à notre maire, ou une sorte de lapsus de la part de ce dernier ? En “une” du numéro d’aujourd’hui de ce quotidien, s’affichent “51% des sympathisants de droite [...] en désaccord avec la probable élection de Jean Sarkozy à la tête de l’Epad”. Dans le cahier central, Laurent Lafon applaudit des deux mains Nicolas Sarkozy... en proclamant son “sout[ien à] la vidéothèque en ligne”.


Placement d’enfants dans les Centres de Rétention Administrative (au mépris du primat de “l’intérêt supérieur de l’enfant” dans toute décision officielle concernant celui-ci, proclamé par l’Etat en signant la Convention internationale des droits de l’enfant dont c’est là l’article 3.1) ; propulsion d’un jeune, arraché aux bancs de l’université, dans un inédit “Cursus de Réussite Accélérée” ; jeunes et futurs citoyens acculés à constater que la devise de l’Etat, de “Liberté, Égalité, Fraternité” tend à devenir : “C’est la Règle Abolie !” ; responsables politiques proclamant, dans un mutisme assourdissant, “Courage, Regardons Ailleurs !”...
Mieux vaut prévenir que guérir. Ce triste "jeu" politique, si on scrute avec vigilance ses probables prolongements, si l'on est attentif aussi au ressenti et à l’intérêt de ceux qui ont à en vivre les conséquences au quotidien, ne peut que soulever en nous une exigence. Une exigence en forme de refus :

“Contre la République Abolie !”